Les Mées, demain

Municipalisation de l’accueil de loisirs : pourquoi une comparaison avec une gestion associative était-elle nécessaire ?

Suite au retrait de l’association Les Francas, qui gérait depuis longtemps le centre de loisirs de la commune, la municipalité a décidé de reprendre directement l’activité en régie municipale à partir du 1er janvier 2025. Cette reprise implique notamment la création d’un service municipal Enfance-Jeunesse, la reprise des salariés de l’association ainsi que celle du matériel nécessaire à l’activité.

Concrètement, la commune a dû :

  • reprendre le personnel attaché à l’activité (équivalent de 6 temps pleins et 3 temps non complets),
  • reprendre les biens et équipements (minibus, matériel pédagogique, ordinateurs, logiciels, lignes téléphoniques…),
  • créer des régies d’avances et de recettes pour assurer le fonctionnement administratif du service.

Cette décision a permis d’assurer la continuité du service pour les familles. S’il n’est aucunement dans notre intention de remettre en cause ce service Enfance-Jeunesse pour les familles, nous regrettons qu’aucune étude comparative sérieuse n’ait été menée avec une autre solution pourtant crédible : la délégation à une autre structure associative spécialisée.

Quelle que soit la solution retenue, les salariés auraient de toute façon été repris, conformément aux règles applicables lors d’un transfert d’activité. Notre réflexion ne remet donc pas en cause leur travail ni leur engagement auprès des enfants et des familles. Elle porte uniquement sur le mode d’organisation le plus pertinent pour assurer la qualité du service et de bonnes conditions de fonctionnement à long terme.

Une activité importante qui mérite une réflexion approfondie

Les accueils de loisirs gérés en délégation de service public au sein de P2A représentent une activité significative : plus de 1 160 enfants accueillis et 161 249 heures de présence cumulées sur une année.

Dans ce type d’activité, l’effet d’échelle d’une grande structure associative peut être déterminant :

  • mutualisation du personnel et remplacements facilités,
  • ingénierie pédagogique et projets éducatifs plus structurés,
  • gestion des ressources humaines plus souple,
  • accès à certains financements ou dispositifs spécifiques aux associations,
  • meilleure stabilité budgétaire dans la durée.

Cette structure gère déjà plusieurs centres de loisirs du territoire (Digne-les-Bains, Aiglun, L’Escale/Volonne, Mézel/Estoublon, Moustiers-Sainte-Marie) avec une organisation coordonnée et plus de cent animateurs mobilisables.

Une municipalisation dont le coût réel reste à clarifier

Lors du débat d’orientation budgétaire 2026, on a pu constater que les coûts réels de la municipalisation sont déjà supérieurs aux estimations initiales.

Par exemple :

  • la masse salariale estimée à 290 000 € atteint déjà 315 000 €,
  • les transports passent de 7 000 € estimés à 9 500 €,
  • certains frais de fonctionnement sont également en hausse.

Ces écarts interrogent sur la sincérité et la complétude de l’évaluation initiale.

Nous ferons une évaluation multicritère

La municipalisation n’est pas forcément une mauvaise solution. Mais elle aurait dû être comparée objectivement avec d’autres scénarios avant d’être retenue.

Si nous sommes en responsabilité, nous réaliserons une évaluation complète après deux années de fonctionnement, non pas seulement financière mais multicritère, en examinant notamment :

  • la qualité pédagogique et éducative proposée aux enfants,
  • la capacité d’innovation et de projets éducatifs,
  • les conditions de travail, de formation et d’accompagnement du personnel,
  • la souplesse de gestion des ressources humaines,
  • la continuité du service et la gestion des remplacements,
  • la satisfaction des familles et des enfants,
  • la capacité à mobiliser des financements et des partenariats,
  • et bien sûr le coût global pour la commune.

L’objectif n’est pas idéologique : il est simplement de retenir la solution la plus efficace pour les enfants, les familles, le personnel et les finances communales.

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