Qui sommes nous?
Avant de parler de projets, de priorités ou de programme, une question s’impose : qui sommes-nous aujourd’hui aux Mées ?
Les chiffres de l’INSEE ne disent pas tout. Ils ne racontent ni les parcours de vie, ni les difficultés invisibles, ni les solidarités du quotidien. Mais ils donnent un cadre objectif, une photographie à un instant donné, qui nous permet de mieux comprendre les réalités de notre commune.
Notre commune n’est ni pauvre, ni privilégiée. C’est une commune socialement diverse, où coexistent des situations très différentes, parfois stables, parfois fragiles et souvent tenues par un équilibre que le moindre imprévu peut faire basculer dans la difficulté.
Notre responsabilité collective est simple :
👉 partir du réel pour construire l’avenir,
👉 adapter nos politiques à la vie telle qu’elle est réellement vécue.
C’est dans cet esprit que nous avons analysé les données, non pour coller des étiquettes, mais pour identifier les besoins et les leviers d’action au service de tous les Méens.
Une commune qui grandit, mais surtout par l’arrivée de nouveaux habitants
Les Mées comptaient 2 063 habitants en 1968. En 2023, nous sommes 4158, soit le double en 50 ans.
Cette croissance ne vient pas des naissances. Le solde naturel est en général négatif, avec en moyenne depuis 2015 36 naissances pour 46 décès par an.
La dynamique repose donc presque exclusivement sur l’arrivée de nouveaux habitants, ce qui rend notre équilibre démographique plus dépendant de l’attractivité du territoire.
👉Ce que nous ferons de notre commune déterminera le type de parcours de vie que la commune pourra accueillir demain. Notre objectif n’est pas d’exclure, mais de garantir un équilibre social, un cadre de vie de qualité et des logements adaptés à toutes les situations.
Une population qui vieillit, même si les familles sont encore là
En 2022 :
- 30 % des Méens (1216 personnes) ont plus de 60 ans
- 11 % (447 personnes ) ont plus de 75 ans
- La tranche 60–74 ans est désormais plus nombreuse que les moins de 15 ans
Dans le même temps (figure 1) :
- 17,7% de Méens (708 personnes) ont moins de 15 ans
- 14,3% (570 personnes) sont des jeunes de 15 à 29 ans
Les Mées reste une commune intergénérationnelle, mais la tendance est claire :
👉 le vieillissement s’accélère, et avec lui les besoins en santé, mobilité, logement adapté, lien social.
Figure 1 : Population méenne par grandes tranches d’âge en 2022
Des ménages de plus en plus petits et plus seuls
En 2022, la commune est composée de 1837 ménages :
- 36 % (658 ménages) sont des personnes seules (255 hommes et 403 femmes)
- 29,5% (543 ménages) sont des couples sans enfant
- Les familles monoparentales représentent désormais 11 % des ménages (203 familles, 509 personnes), avec une très forte majorité de femmes cheffes de famille
- La taille moyenne des ménages est passée progressivement de 3 en 1968 à 2,1 en 2022.
En clair :
👉 la solitude progresse, notamment chez les femmes,
👉 les familles sont plus fragiles,
👉 et le modèle du couple avec enfants recule.
Un parc de logements mal adapté aux besoins
En 2022, la commune compte 2 220 logements, dont 12,4 % sont vacants et 75 % sont des maisons. Près de 40% du parc de résidences principales a été construit avant 1970, ce qui pose des enjeux importants en matière de performance énergétique et d’adaptation au vieillissement.
Depuis, la commune a engagé des programmes de construction, avec 71 logements sociaux livrés et 47 actuellement en cours. Ces opérations contribuent à répondre à une partie des besoins, mais ne suffisent pas à elles seules.
Dans le même temps, 36 % des ménages sont composés d’une seule personne, les couples sans enfant sont désormais plus nombreux que les couples avec enfants, et la population vieillit fortement.
Cette évolution des modes de vie contraste avec un parc historiquement conçu pour des familles nombreuses, majoritairement composé de grands logements, souvent énergivores et peu adaptés au parcours de vie actuels.
👉Le principal enjeu n’est donc pas seulement de produire du logement, mais d’adapter les typologies à la réalité actuelle de la population.
C’est une réalité dont nous devons nous saisir pour permettre à tous les habitants des Mées, de Dabisse et des Pourcelles de disposer d’un logement adapté à leurs besoins.
👉Nous consacrerons un article spécifique à cette question essentielle afin d’en approfondir les enjeux et les orientations possibles.
Des voitures en nombre
Près de 90 % des ménages possèdent au moins une voiture. 41,5% en ont 2 ou plus. On peut ainsi estimer le parc automobile de la commune à plus de 2700 véhicules.
C’est le signe :
- d’un habitat souvent éloigné des services,
- d’une dépendance forte à l’automobile.
Dans le même temps, seules 1302 résidences principales disposent d’au moins un emplacement réservé au stationnement (box, garage, place de parking privée)
👉La place de la voiture dans notre commune est aujourd’hui majeure et appelle une réflexion globale, notamment pour mieux organiser le stationnement et partager l’espace public.
👉Nous consacrerons un article spécifique à cette question qui touche le quotidien de chacun.
Une commune qui travaille, mais reste socialement contrastée
Chez les 15–64 ans :
- 68,7% ont un emploi
- 10,9 % sont au chômage au sens du recensement (contre 17,2 % en 2016)
Mais les contrastes sont forts :
- 29 % de retraités (943 personnes).
Les données publiques ne permettent pas de distinguer précisément le niveau de pension des retraités à l’échelle communale. Mais au regard du niveau de vie global, de la structure socioprofessionnelle et des indicateurs de pauvreté, il est probable qu’une part significative des retraités de la commune vive avec des ressources modestes.
- 16 % d’ouvriers (500 personnes)
- 14 % d’employés (452 personnes)
- 13% sont des personnes sans activité professionnelle (421 personnes)
(personnes au foyer, chômeurs en fin de droit, en arrêt longue durée, jeunes sans statut, …)
La moitié des ménages des Mées vit avec moins de 21 460 € brut par an et par personne. 58 % des ménages ne sont pas imposables.
👉 Les Mées n’est pas une commune pauvre, mais une commune où beaucoup de ménages vivent avec des marges très étroites.
Ce que ces chiffres nous disent vraiment
Les chiffres ne dessinent pas une commune uniforme, mais une mosaïque de situations sociales très contrastées.
Sur la commune coexistent :
- des retraités aux parcours très différents,
- des actifs aux revenus modestes,
- des personnes hors emploi stable,
- des familles avec enfants, mais aussi de plus en plus de personnes seules,
- des ménages propriétaires installés de longue date et des locataires plus fragiles.
Ce que révèlent les données, ce n’est pas une catégorie dominante, mais une fragilité diffuse, liée :
- au vieillissement,
- au coût du logement et de l’énergie,
- à la dépendance à la voiture,
- et à l’insuffisance de services de proximité.
👉 Ce n’est pas une commune pauvre.
Mais c’est une commune où le moindre imprévu peut faire basculer un équilibre déjà fragile.
Où doivent porter nos efforts ?
Les données ne désignent pas un “public” à aider, mais des situations à sécuriser.
Notre action doit viser non pas des catégories, mais des moments de fragilité dans la vie.
C’est pourquoi nos priorités doivent être :
- Garantir l’accès aux soins pour tous
- Faciliter les mobilités du quotidien
- Adapter le logement à la réalité des ménages
- Prévenir la précarisation
- Rompre l’isolement
- Renforcer les services de proximité
- Construire une attractivité utile
Comprendre la commune des Mées, c’est déjà commencer à la transformer.



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